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LES VERITES DU FUNDI
Aussi courageux hors de l'arène que dedans, José Pedro Prados "El Fundi" n'a pas la langue dans sa poche quand il s'agit d'asséner quelques vérités. Une exception dans le monde feutré de toreros souvent trop conformistes.
Et l'analyse que fait le Fundi du sort réservé aux spécialistes des corridas dures et à certaines des ganaderias marquées de ce sceau mérite que l'on s'y attarde. "Aux toreros des corridas dures on n'accorde pas l'importance que nous méritons, et il arrive même que l'on nous marginalise dans l'escalafon voire que l'on nous traite de manière méprisante. On donne toujours plus d'importance à d'autres types de triomphes qui parfois sont moins méritoires que les notres."
Le problème est, sauf notables exceptions, que les spécialistes des corridas dures ne se mesurent pas souvent aux figuras sur leur terrain de prédilection : "Si les figuras ne combattent pas les corridas dures c'est aussi parce que l'aficion ne mesure par leurs efforts à leur juste valeur. En outre, il ne suffit pas de se laisser annoncer ! Il faut aussi triompher et avec ce type de ganaderias ce n'est pas facile."
Précision à l'intention des aficionados, les corridas dures ne sont pas toujours ce que l'on croit. "Celles qui offrent une plus grande possibilité de triomphe sont celles de Victorino, Cebada Gago, Cuadri… Mais il y en a que l'on classe dans les corridas dures simplement parce qu'elles sont mauvaises, qu'elles n'embistent pas. Et comme ces corridas sont moins chères parce que personne n'en veut en raison de leur piètre qualité, dans certaines ferias on les annonce comme dures... Mais elles ne sont ni dures ni molles. Elles sont simplement là pour boucher un trou."
André Viard
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