PREMIERS GRINCEMENTS


Passé le temps des rêves, celui de la réalité vient bousculer quelques plans. À Séville par exemple, où la bataille fait rage autour du dimanche de Resureccion.

Deux cartels, pas moins, circulent, et déjà les mécontents donnent de la voix. Au hit parade des meilleures rumeurs, Ponce, le Cid et Talavante serait la formule retenue par l'empresa, tandis que l'on mentionne aussi un José Tomas, Morante, Manzanares...

Morante s'insurge pourtant de n'avoir pas été contacté, et José Tomas qui ne dit rien semble devoir faire les frais du pragmatisme de l'empresa, peu disposée à lui payer les honoraires demandés pour une corrida qui avec ou sans lui devrait faire le plein.

La question des honoraires est d'ailleurs dans toutes les bouches, plusieurs toreros de premier plan se livrant à une folle surenchère. Une fois de plus la règle se vérifie : quand un torero d'exception impose aux empresas une hausse considérable de ses honoraires, celle-ci se répercute sur le haut de l'escalafon.

Certains toreros en profiteront et d'autres non, car au nom du pragmatisme dont il est question plus haut, on voit mal les grandes empresas dépenser l'argent qu'il n'y aurait pas en caisse. De spectaculaires camouflets sont donc à attendre un peu partout.

Et j'oubliais : fini le petit cigare que l'on fume aux arènes... à moins de faire comme le sous-commandant Marcos et d'enfiler un passe montaille pour ne pas être reconnu.


le sous-commandant Marcos

André Viard