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L'ARREGLADO INFORMATIQUE
Sans vouloir singer le très anti taurin Charlie Hebdo, il y a des photos auxquelles vous échapperez en lisant Terres Taurines, site ou revue.
Grâce à la sagacité et à l'oeil d'un de nos fidèles abonnés, nous avons matière cette semaine à illustrer le propos. Il ne s'agit aucunement de vouloir soulever une polémique stérile ni de montrer du doigt une autre revue (en l'occurence l'excellent Aplausos qu'a su magnifiquement moderniser mon ami et compañero José Luis Benlloch, et à laquelle participent à l'occasion les photographes de Terres Taurines) mais de poser de manière claire les termes d'un problème dont j'ai déjà parlé.
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Couverture de Aplausos cette semaine |
En couverture du deuxième numéro consacré au bilan des ganaderias paru cette semaine, un splendide toro de Fuente Ymbro, dont la caste et l'arrogance percent dans le regard, tandis que l'armure respectable sans être exagérée donne une idée de la rigueur avec laquelle le ganadero présente ses corridas en piste. Quelques pages plus loin, le même toro au campo, la même photo en fait, mais non recadrée, identique à un détail prés...
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La même photo non recadrée |
Le détail, chacun peut le déceler : comme celles de son très sérieux frère de camada, les cornes du magnifique castaño sont emmaillotées de la base au sommet et l'enclos terreux que l'on imagine de taille restreinte accentue l'impression de tristesse qui émane de la photo.
Une fois agrandie celle-ci, le détail montre la vérité. Le regard est toujours le même, mais la silhouette a perdu sa fierté. Au moins à mes yeux. S'il faut complimenter l'infographiste pour le minutieux travail de retouche auquel il s'est livré, la question qui se pose est de savoir si cette "manipulation" va devenir la norme.
Pour Aplausos, au terme, j'imagine, d'un débat éditorial passionné, on a tranché pour cet "arreglado informatique" afin d'offrir aux lecteurs une couverture acceptable sinon fidèle à la réalité. Et on peut même imaginer, car les valenciens sont caustiques et malicieux, que la photo publiée en pages intérieures est là pour susciter le débat, voire les réactions des lecteurs.
Sur Terres Taurines, nous ne le ferons jamais. Car au terme d'un débat éditorial également passionné, nous avons estimé que seule la réalité était publiable et qu'il ne nous appartenait pas de cautionner ce que nous considérons être une dérive préjudiciable à l'éthique du spectacle taurin, même si nous comprenons parfaitement l'intérêt économique des ganaderos qui emploient cette technique. Tous le disent, en procédant ainsi, ils vont lidier chacun une corrida de plus au moins.
S'agissant des plus importants, ceci aura pour effet de priver d'autant quelques ganaderos plus modestes, et ne peut à terme qu'aboutir à une inflation, le risque étant grand, si on limite les risques, d'augmenter artificiellement la production et de profiter du bon moment d'une ganaderia pour garder au terme des tientas vingt vaches de plus qu'en d'autres temps on aurait sacrifié. Pas d'arreglado informatique donc sur Terres Taurines, même si cela doit nous priver de quelques reportages sur les ganaderias où on le pratique. Ce que nous déplorons bien sûr, tout en gardant l'espoir que comme toutes les modes celle-ci passera, certains ganaderos et non des moindres nous ayant confié qu'à leur avis cette pratique comportait des vices... L'avenir dira.
Et puis, heureusement, il reste au campo suffisamment de toros dont on respecte la fierté et l'intégrité toute leur vie durant, pour nous permettre de continuer à vous emmener voyager en terres taurines sans pour autant vous laisser la désagréable impression d'assister à la fin d'une époque dorée que la rentabilisation forcenée qui semble être devenue la norme est en train de malmener. Nous n'y pouvons malheureusement rien, sauf le dire. Les ganaderos prennent leurs responsabilités, et nous pouvons aussi les imiter.
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