SEPT ANS D'EFFORTS BIENTÔT RECOMPENSES


Si aucune manoeuvre sournoise venant de nos arrières ne vient entraver la dynamique qui se met en place, le 22 mars prochain le monde taurin disposera d'une "haute autorité morale" chargée de le défendre en l'expliquant, laquelle émergera de sa base la plus large au terme d'un processus de consultation d'une ampleur jamais atteinte en ce domaine. Qui en prendra la tête ? Ceux que la majorité des représentants désignera. Pour en arriver là, il aura fallu sept ans.



Le 15 décembre 2001, à l’occasion des Etats Généraux de la Tauromachie que j'avais pris l'initiative de convoquer à Toulouse, l’accent avait été mis sur la nécessité pour le monde taurin de faire front commun face aux attaques de plus en plus nombreuses qu’une dérive animalitaire de nos sociétés laissait entrevoir à travers les actions parfois violentes menées par des sectes considérées comme criminelles aux USA et en Grande Bretagne, lesquelles prennent pour cible, directement ou à travers d’autres entités qui s’inspirent de la morale véganienne (renoncement à utiliser l’animal sous quelque forme que ce soit et bien sûr à le manger), divers secteurs susceptibles de leur permettre de se médiatiser : le gavage, la chasse, le cirque, la corrida...

Depuis le 4 février 2007, date à laquelle a été lancé l’Appel de Samadet, la mobilisation des aficionados et des entités taurines a permis de faire barrage à diverses attaques menées à Bruxelles par des parlementaires européens, d’éviter que la question taurine ne soit inscrite au programme du Grenelle de l’Environnement et motivé la décision du président de la république en date du 8 janvier 2008 de ne pas donner suite à la demande faite par diverses associations anti taurines d’interdire l’entrée des mineurs aux arènes : « la corrida est une tradition à laquelle sont attachés nos compatriotes dans certains territoires français. Ignorer cette tradition serait considéré par ces populations comme un affront et un déni de leur identité  » a fait répondre le président.

Fort de ses succès et conforté dans son identité, en 2008 le Peuple du Taureau revendique plus que jamais sa liberté de pérenniser une culture inscrite dans le droit français, laquelle suscite en ce début de millénaire un engouement inégalé. À Arles, par exemple, ville de 45.000 habitants, 140.000 spectateurs sont passés aux arènes en 2007. Et en Espagne, tous spectacles confondus, 70 millions. Cet engouement se traduit par une multiplication des spectacles télévisés, et si la télévision espagnole d’état n’a pas retransmis une seule corrida l’an passé, ce sont pourtant quelques 300 spectacles taurins qui ont été télévisés par les chaînes privées ou régionales. Même engouement pour les émissions de Canal Plus et les magazines taurins proposés sur France 3 dont l’audience est à la hausse.

Pourtant, à en croire certains médias très complaisants à l’égard des mensonges véhiculés par les anti taurins, la corrida serait en voie de disparition et un tsunami abolitionniste serait prêt à déferler sur la France. Il ne s’agit en fait que d’un minuscule clapot provoqué à grand renfort de gesticulations par quelques dizaines d’activistes à peine, lesquels ont bénéficié l’an passé d’une audience médiatique disproportionnée grâce au soutien de quelques « peoples » en manque de notoriété. À Arles d’abord, où on a présenté trois manifestants comme une action de masse, à Dax ensuite où la présence d’une ex star du porno a affolé les médias nationaux et suscité une campagne médiatique d’une rare ampleur, une partie de la presse se nourrissant de ce que disait ou écrivait l’autre sans jamais vérifier la réalité à la source, le tout culminant lors de deux émissions télévisées de grande audience construites à partir d’images honteusement sélectionnées dont une fut présentée par un signataire de la pétition demandant l’abolition des corridas.

La dernière attaque a été menée par la présidente de la SPA parisienne qui a fait de l’abolition de la corrida son combat prioritaire, ce qui semble paradoxal lorsque l’on calcule qu’en France trente fois plus de chiens qu’il n’y a de taureaux combattus dans les arènes seraient chaque année euthanasiés dans les fourrières et les refuges.

Fort de leur bon droit, fiers de leur culture et respectueux de l’opinion de ceux qui ne la partagent pas, les aficionados ont longtemps prôné la tolérance face aux pires accusations portées contre eux. Mais l’ampleur prise par cette campagne de calomnie et de mensonge tout au long de l’année 2007 a suscité une telle indignation qu’une réaction à sa mesure devait être mise en place. La création de l’Observatoire des Cultures Taurines et l’organisation d’une série de grandes journées de revendication répond à cette nécessité.
Il était temps.


André Viard