IDIOSYNCRASIE ARLESIENNE


La clé du succès, pour toute arène, est de savoir incarner l'idiosyncrasie d'un terroir, afin, au-delà de l'intérêt de sa programmation, de fédérer autour d'elle toutes ses forces vives.

Ainsi que l'a rappelé Luc Jalabert hier soir lors de son discours de présentation des cartels de la feria pascale, en dix ans, c'est à dire depuis qu'il en a la charge, la fréquentation a doublé dans l'amphithéâtre arlésien.

Une performance unique en France qui ne doit rien à un éventuel effet de mode mais s'explique par la conjugaison souvent plus que parfaite de toutes les sensibilités de l'aficion. Arles, depuis dix ans, est à la fois torista et torerista, orthodoxe et ouverte aux grands évènements.

Comment pourrait-il en être autrement dans la ville qui, étant par excellence celle du toro, est aussi celle qui a donné le plus de toreros à la France, ce dont la programmation de la feria pascale est le fidèle reflet : trois matadors de toros, pas moins, plus un qui prendra l'alternative : Juan Bautista, Savalli, Roman Pérez et Marco Leal. Sans oublier un novillero qui sera peut-être puntero, Tomasito.

Arles se reconnaît dans les siens, ce qui explique l'adhésion populaire et institutionnelle à un projet qui fait désormais de l'amphithéâtre l'égal des grandes arènes du circuit. Comme quoi, respect du terroir et exigences du haut niveau ne sont pas incompatibles.

Comme l'a rappelé Luc Jalabert hier soir, la richesse de l'art taurin s'explique par sa diversité et le succés d'Arles par la manière dont on sait donner à toutes les sensibilités de l'aficion ce qu'elles attendent d'une feria.

André Viard