El Moronta


BIENVENUE MORONTA !


Sans une grave blessure inopportune qui lui a fait perdre la plus grande partie de sa saison l'an passé, "El Moronta" aurait caracolé en tête de son escalafon, et pas que pour des raisons scabreuses.

La première d'entre elles, est que son succès est planifié depuis longtemps, Gonzalez de Caldas, empresario de Grenade dont il est originaire, ayant compris dès son entrée dans le monde des toros que les "toreros de la tierra", où que l'on soit, sont une richesse essentielle dont il ne faut pas se passer.

Ne l'aurait-il pas compris que les concitoyens du torero le lui auraient expliqué, eux qui voient en lui le digne successeur de leur idole locale - El Fandi - dont Moronta avoue sans complexe vouloir suivre les pas. En deux novilladas à Grenade il a mis la révolution mais la cornada a interrompu le plan de marche préparé par son apoderado dans toutes les arènes qu'il gère.

Ce qui n'était que partie remise et a permis au jeune torero de mûrir son toreo dans sa tête, grâce surtout à l'apport du maestro José Luis Galloso que son apoderado a embauché pour lui servir de répétiteur agréé aux côtés de l'apoderado délégué qui n'est autre que Marcos Sanchez Mejias. Deux toreros aux styles opposés - Galloso et sa technique irréprochable, Sanchez Mejias et son élégance innée - dont le jeune novillero s'inspirera sans doute pour trouver sa propre manière.

Disons tout de suite qu'il n'est pas au terme de sa quête et que son toreo évoluera dans le bon sens lorsqu'il apprendra à se redresser plutôt que d'accompagner de tout son buste les charges des novillos. Ce qui n'est finalement qu'un détail pour spécialistes, dans la mesure où son entrega et son abattage lui permettent de recueillir l'adhésion d'un public auquel sa générosié naturelle apporte ce qu'il vient chercher aux arènes : des émotions dénuées d'arrières pensées.

Pour toutes ses raisons, El Moronta promet d'être très vite un des novilleros punteros cette année, dans un registre similaire à celui de Mehdi Savalli, même si ce dernier possède quelques longueurs d'avance dans tous les domaines où lui-même doit progresser. Prochain rendez-vous pour lui, Arles, où s'il réédite sa prestation de Samadet face aux novillos de Gallon, nul doute que les contrats pleuvront. Hier déjà, sitôt la fin de la novillada, l'agenda de son apoderado s'est enrichi de quelques dates.

André Viard