ADIOS MAESTRO


Après vingt-six ans de carrière dont dix-sept au plus haut niveau, César Rincon a fait ses adieux la nuit dernière dans sa ville de Bogota, triomphant en même temps comme torero et comme ganadero, deux des ses toros étant grâciés.

Son histoire, chacun la connait : une enfance pauvre dans un barrio de Bogota, l'alternative prise à 17 ans à peine en 1982 des mains d'Antoñete qui lui donna comme conseil "Aime cette profession", une confirmation sans histoire en 1984 à Las Ventas, les années de galère, puis, alors que personne ne l'attendait, une incroyable série de triomphes dans ces mêmes arènes. Quatre sorties par la grande porte de Las Ventas la même année, évènement historique que jamais personne n'a égalé.

Puis la maladie, au faite de sa gloire, sous forme d'une hépatite C maligne qui le tint éloigné des ruedos et au bord de sa vie, avant qu'une nouvelle fois, alors que personne n'y croyait, le triomphe suivit une guérison providentielle.

Dans l'histoire du toreo, César Rincon demeurera celui qui sut le mieux reprendre le flambeau du toreo de longue distance qu'avait exhumé Antoñete, l'adaptant aux contingences du toreo moderne et parvenant ainsi, grâce à une maîtrise absolue des rythmes et du sitio, à construire durant prés de quinze ans des faenas à l'architecture classique.

Pour ceux qui l'ont connu d'un peu plus prés et qui continueront de profiter de sa sagesse et de son expérience, sa gentillesse et sa simplicité seront, avec sa maestria, ce dont on se souviendra
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André Viard