L'OBSERVATOIRE EST NE
Comme prévu, et l'émotion en plus, l'Observatoire National des Cultures Taurines a vu le jour hier dans la salle d'honneur de la mairie d'Arles lors d'une assemblée générale constitutive à laquelle ont participé toutes les entités taurines en présence de Michel Vauzelle, président de la région PACA, et de Hervé Schiavetti, maire d'Arles et prochain président de l'UVTF.
Et en ouverture des débats, les deux élus n'ont guère laissé planer le doute quant à leurs intentions :
aficionados ils sont, et au nom de la liberté sacrée que possède toute communauté culturelle à transmettre ses valeurs à ses enfants, ils se sont engagés à défendre bec et ongles la culture taurine sous tous ses aspects et à obtenir de l'état toutes les garanties afin que celle-ci ne soit plus bafouée.
La responsabilité m'est revenue ensuite de rappeler pourquoi l'Observatoire était créé et quels étaient ses objectifs : étudier, défendre et promouvoir la culture taurine sous toutes ses formes pour faire émerger le Peuple du taureau en tant que communauté culturelle respectable en raison de la richesse de son patrimoine et de son importance, y compris économique. Deux millions de citoyens français assistent chaque année à une manifestation taurine. Le champ de compétence de l'Observatoire est vaste : tout ce qui concerne la mise en valeur et la défense de la culture taurine vis-à-vis de l’extérieur et en aucun cas arbitrage de questions internes au monde taurin. Mettre un terme aux mensonges véhiculés sur la tauromachie, en entreprenant au besoin les actions légales nécessaires pour que soit respectée notre identité culturelle est également au programme, tandis que l’accès des mineurs aux arènes sera l'objectif prioritaire. À cet effet, dès la semaine prochaine, il sera demandé au président de la république et au premier ministre de faire procéder par le ministère de la santé à une étude comparative entre les dangers présentés pour nos enfants par le spectacle tauromachique, la violence à la télévision et dans les jeux vidéos. Etude de nature à mettre un terme scientifique aux contre vérités sur la base desquelles on voudrait priver les aficionados du droit légitime de transmettre leur culture à leurs enfants. Une autre piste sera d'ailleurs suivie en observant comment l’Etat réagit face à la violence qui se développe dans les stades de foot où l’on déplore des insultes racistes peu compatibles avec un développement harmonieux des mineurs : serait-il judicieux d’interdire l’entrée des mineurs aux arènes alors qu’on les autorise à fréquenter des stades où la xénophobie leur serait inculquée ?
Après adoption des statuts, élection du conseil d'administration puis du bureau par celui-ci (à l'unanimité dans chaque cas), la présidence de l'Observatoire m'a été confiée, et huit vice présidents ont été élus, chacun en charge de responsabilités particulières : Olivier Baratchar pour la coordination avec le groupe parlementaire, Alain Dervieux. pour la coordination avec l’UVTF, Marcel Garzelli pour la coordination des collectifs et des journées de revendication, Jean-Michel Mariou pour la production télévisuelle, Roger Merlin pour les études économiques et la coordination avec Pronatura et le Comité Noë, Reynald Ottenhof pour la coordination des dossiers juridiques,Francis Wolff pour l'animation du conseil scientifique, François Zumbiehl pour les actions culturelles, les manifestes et les projets éditoriaux ; le secrétariat a été confié à Jean-Louis Marc et Jean-Paul Maragnon tiendra la trésorerie tandis que Pierre-Marie Meynadier prend en charge la gestion des ressources.
Immédiatement après, c'est sur le parvis des arènes que l'annonce de la naissance de l'Observatoire a été faite devant des milliers d'aficionados rassemblées, lesquels ont accompagné de longues ovations les propos tenus en tribune par le président élu, Francine Yonnet qui a lu le manifeste, Francis Wolff, Michel Vauzelle et Hervé Schiavetti, tandis que quelques vers en hommage au Taureau étaient lus et qu'une vibrante Coup Santo clôturait la manifestation à laquelle ont assisté de nombreux médias régionaux et nationaux.
Un combat identitaire long et difficile nous attend désormais. Nous avons su prendre conscience de la nécessité de le mener ensemble, et il faut maintenant le gagner afin de ne pas décevoir tous ceux pour qui la création de l’Observatoire est porteuse d’un espoir immense : celui que nous serons capables de transmettre à nos enfants ce patrimoine unique que nos parents nous ont légués et sans lequel nos vies ne seraient pas les mêmes.
Cette responsabilités nous incombe à tous, hommes de taureaux, de chevaux, de bouvine et coursayres, gardians de Camargue et écarteurs landais, toreros, empresarios, ganaderos et manadiers, élus de villes taurines et représentants de l’aficion, du monde de la culture et des terroirs de tradition, nous qui représentons ici aujourd’hui le Peuple du Taureau dans sa diversité et sa richesse, dans sa force de rébellion aussi.
Une responsabilité immense que nous devons assumer humblement : la cause que nous défendons nous dépasse et nous ne devrons jamais perdre de vue que chacun à notre place nous devons tendre vers l’excellence afin de donner de notre culture l’image irréprochable de cet héritage méditerranéen que d’aucuns voudraient voir disparaître au nom d’une pseudo modernité irrespectueuse de nos racines, de notre identité et de notre liberté.
Revendiquons-en l’essence avec fierté, proclamons-en les valeurs immémoriales sans relâche, soyons, nous qui sommes ici présents, toujours et partout les ambassadeurs de cet Observatoire National des Cultures Taurines dont nous avons longtemps rêvé et auquel nous avons su donner le jour. Ne doutons ni du bien-fondé de notre combat, ni de la légitimité de notre morale, ni de notre bon droit, ni du succès de notre démarche. Soyons, tel le taureau dans l’arène et ceux qui lui font front, tout à la fois fiers, braves, audacieux et nobles.
Le souffle de notre passion, la solidarité qui nous unit et la force de nos convictions sont nos meilleurs arguments. Sachons les utiliser à bon escient afin que se perpétue notre art de vivre et que notre culture, loin d’apparaître comme un vestige désuet du passé, s’inscrive mieux encore dans la modernité.
André Viard
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Manifestation devant les arènes
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