Année après année, Diego Ventura s'affirme comme le seul rival réel de l'incontestable numéro un mondial qu'est Pablo Hermoso de Mendoza.
Pour les fidèles lecteurs de Terres Taurines, l'histoire de sa carrière a longuement été retracée dans l'opus 14
et déjà, l'an passé, la question se posait de savoir si la competencia que chacun attend aurait lieu au sommet du rejoneo.
Après Arles le lundi de Paques, c'est donc à Séville qu'elle a eu lieu hier, la première fois à l'avantage du tenant du titre et la seconde à celui de son challenger. Un challenger entreprenant et quelque peu irrévérencieux qui n'a pas hésité l'été dernier à faire quelques déclarations fracassantes, reprochant à son aîné de refuser de se mesurer à lui.
Ce qui n'était pas tout à fait faux et était aussi de bonne guerre, Mendoza estimant qu'il n'avait rien à gagner à partager l'affiche avec un jeune prétendant certes talentueux mais dont le palmares n'était pas encore suffisamment étoffé pour mériter d'être traité sur un pied d'égalité.
Peu à peu, à force de triomphes et de constance, Ventura creuse le fossé qui le sépare de son aîné, et peu à peu aussi sa notoriété va sans doute lui permettre d'imposer sa présence partout. Et la competencia qui s'annonce au plus haut niveau a de quoi séduire les aficionados du genre pour qui Mendoza, depuis trop d'années
manquait de concurrence.
Celle-ci est désormais prête à en découdre et Mendoza est également prêt à l'accepter. L'âge d'or du rejoneo ne fait peut-être que commencer.