Pour trois jours et autant de nuits, le coeur torista de l'aficion française va battre à Vic au rythme de la chamade, partagé entre l'affirmation de son identité et la légitime inquiétude suscité par la situation.
Autrefois, lors d'une bataille, quand on souhaitait s'entretenir avec ses
ennemis ou se rendre, on émettait un signal avec un tambour ou une trompette. On
appelait cela battre la chamade... Mais avec le bruit de la mitraille, les roulements de tambour étaient souvent étouffés, ce qui occasionnait quelques tirs supplémentaires et autant de soldats tués alors qu'ils venaient parlementer. C'est alors que l'on inventa le drapeau blanc et que la chamade devint synonyme de coeur inquiet en souvenir de ceux qui jusque là marchaient vers l'épouvante.
À Vic, pas plus qu'ailleurs, il ne s'agit ni de parlementer ni encore moins de se rendre, et le drapeau de l'aficion aura les couleurs de l'Observatoire : ma passion, mon identité, ma liberté, étendard brandi pour la première fois à Arles et qui fera à Vic sa seconde sortie, la première en ce lieu hautement symbolique au coeur de la Gascogne brave. Et si notre coeur y battra la chamade, que nul ne s'y trompe : le rythme endiablé qui se fera entendre sera celui de notre détermination.