Après cinq ans et demi de présence ininterrompue sur corridas.net, c'est désormais sur www.terrestaurines.com que l'intégralité de mon travail et de celui de mes compañeros de rédaction sera publiée. Un choix dicté par les circonstances mais aussi par un soucis de cohérence et de plus grande efficacité.
Cinq
ans et demi de parutions quotidiennes constituent selon quelques amis journalistes
un record digne du Guiness Book. Ceci pour l'anecdote. Car sur le
fond, le travail réalisé durant cette longue période a permis
si j'en crois les observateurs impartiaux, de révolutionner les habitudes
de la presse taurine. Il convient en effet de rappeler que bien avant les principaux
sites espagnols actuels, corridas.net fut le premier quotidien d'information taurine
en ligne... et j'oserais dire le mieux structuré. En effet, au lieu de
se contenter de publier les dépêches une à une dans l'ordre
de leur arrivée, le souci de ce média unique fut toujours de hiérarchiser
l'info et d'offrir à ses lecteurs les moyens de poser un regard critique
sur la masse d'informations parfois contradictoires en provenance du monde taurin. Avec des pics d'audience
dépassant la barre du million de pages vues certains mois, il n'est pas
présomptueux de penser que la ligne éditoriale maintenue en toutes
circonstances répondait à l'attente de ce nouveau lectorat.
Pourquoi
alors mettre un terme à une formule qui gagne ? Créé fin 1999 à la
demande du groupe Midi Libre et mis en ligne en février 2000, corridas.net
ne m'appartient pas... même si je suis l'auteur de 99% de son contenu. Auteur
contractuel la première année pour le groupe Midi Libre, puis journaliste
salarié jusqu'en décembre 2003, date à laquelle le groupe
a renoncé à son projet de site payant malencontreusement initié un an plus tôt, j'ai par la suite assumé
seul la survie du site en l'ouvrant à nouveau gratuitement à tous, grâce à une convention par laquelle Midi Libre me cèdait pour une année
l'usage du titre. Au terme de la période prévue - soit début
2005 - le groupe Midi Libre m'a fait part de son intention de me vendre le titre.
Une éventualité envisagée dès le début de notre
collaboration, étant entendu qu'à l'époque et eu égard
au travail fourni sur le contenu, il avait été prévu par
la direction en place que la vente se ferait pour le franc symbolique.
Mais
dans les grands groupes de presse les hommes passent et seul demeure le soucis
de rentabilité imposé par une logique économique d'autant
plus incontournable que son centre de décision est parfois éloigné
des préoccupations de son lectorat. Du franc symbolique - j'étais même prêt à
monter jusqu'à l'euro - il n'est donc plus question, et la proposition
qui m'a été faite - fort valorisante pour l'auteur que je suis -
est inacceptable pour l'acheteur potentiel que je ne serai pas. Dès lors, étant plus attaché aux lecteurs qu'au titre, en tant que gérant de la société Terres Taurines
qui édite la revue du même nom, la décision de mettre en place
un projet global d'information taurine couvrant sous un même titre la totalité
du spectre médiatique s'imposait, afin de profiter de la synergie créée
entre la revue trimestrielle et l'information quotidienne en ligne, tout en renforçant
leur identité commune .
À compter d'aujourd'hui c'est
sur www.terrestaurines.com que les aficionautes pourront donc retrouver
les rubriques qu'ils me font l'honneur de suivre en grand nombre depuis plus de
cinq années.
Tout changement devant se traduire
par un progrès, cette nouvelle entreprise se veut ambitieuse. Directeur de publication du site
et de la revue, et à ce titre responsable de leur contenu, je souhaite
développer sur www.terrestaurines.com des rubriques intermédiaires
entre l'actualité quotidienne et les grands reportages offerts sur la revue.
Ainsi, tandis que les rubriques actualité, agenda, édito, encyclopédie
et cartels seront actualisées quotidiennement et ouvertes à tous, sur l'espace réservé aux abonnés
de la revue apparaîtront des pages reportages, des interviews, des images à télécharger, un blog où
seront traitées les questions les plus sensibles ou polémiques,
ainsi que des forums dont le fonctionnement des premières semaines nous
donne déjà entière satisfaction.
Pourquoi ces nouveautés réservées
aux seuls abonnés de la revue ? Parce que c'est grâce à
eux que ce site peut exister dans la mesure où pour nous aussi, bien qu'à
une autre échelle, la logique économique rend indispensable la rentabilité
du projet et que celle-ci dépend avant tout de la fidélisation de nos lecteurs
au travers des abonnements à la revue Terres Taurines.
Ce n'est évidemment pas sans un pincement au coeur que je
mets un point final à mon aventure sur corridas.net que le groupe Midi
Libre décidera peut-être de continuer différemment.
Mais l'expérience
prouve que si le succès est lié au contenu, il n'est de développement durable possible qu'à partir du moment où l'on contrôle totalement
l'outil. Pour le meilleur et pour le pire c'est ce que j'ai décidé
de faire désormais afin d'enrichir encore ce moyen d'expression unique offert par l'information en ligne, et de pérenniser l'espace
de résistance que je juge indispensable à la
valorisation de la culture taurine à un moment où elle est très attaquée.
Une histoire s'achève, une autre
débute et l'aventure en ligne continue, dont le succès à
long terme ne dépend plus que de ceux à qui il importe qu'elle se
perpétue : ceux qui la font et ceux qui la lisent.