TORISME AQUITAIN


Davantage que les grandes ferias où l'équilibre toro-torero penche souvent en faveur de ses derniers, les novilladas de l'été aquitain sont pour l'aficionado torista un ballon d'oxygène dont il serait dommage de se passer.

Un ganadero ami, peu susceptible de complaisance vis-à-vis des toreros me le confiait ces jours-ci : la France, et plus particulièrement le sud-ouest, est un des derniers territoires où le toro est respecté.

Au-delà de la politese de circonstance et du propos quelque peu convenu, l'hommage possèdait des accents de sincérité d'autant plus marqués que dans la plupart des arènes espagnoles le jeu des toros importe désormais bien peu. Pour s'en convaincre il suffit de lire les chroniques : qui prend la peine encore de décrire toro par toro le jeu d'une corrida ? Bien peu de critiques.

Et c'est fort dommage car c'est en se livrant à pareil exercice que l'on peut inciter les nouveaux aficionados à approfondir leur savoir. On ne saurait donc trop conseiller à ceux qui se rendront ces prochaines semaines dans les arènes du sud-ouest, de bien observer : les Gallon de Garlin aujourd'hui, les lisardos d'Adelaïda Rodriguez et les Iban d'Hagetmau, les Pablo Mayoral de Parentis, les Puerto de San Lorenzo de Soustons ou les Yonnet de Roquefort, mettront sans doute les toreros à rude épreuve.

Comprendre les problèmes posés est déjà une manière de commencer à les résoudre. Et s'il importe au torero d'y parvenir, rien n'interdit à l'aficionado, en toute sécurité, de se livrer aussi à l'exercice.

André Viard