LA MAESTRANZA DES PINS



Nichée au creux des pins de cette Haute Landes secrète, l'arène en planches de Roquefort suit son bonhomme de chemin malgré la concurrence impitoyable de ses grandes soeurs de Dax et Bayonne.

Chaque 15 août, effectuant un pélerinage immuable, les aficionados qui désertent les ferias s'y rendent en procession, sûr d'y trouver à chaque fois ou presue l'émotion qui surgit de la caste et de la jeunesse.

On est loin, ici, des faenas stéréotypées réalisées par des figuras en tournée face à des adversaires triés sur le volet. À Roquefort, le novillo prime, avec toutefois une dose suffisante de bon sens pour ne jamais tomber dans l'excès démagogique de présentations exagérées, ou plutôt disproportionnées par rapport à l'opposition que l'on y invite.

À Roquefort, le combat se veut équilibré : novillos de respect mais novilleros capables. La caste contre l'expérience, ou au moins l'illusion d'horizons radieux, et non l'obscure voie sans issue d'une prochaine sortie de piste.

C'est cet équilibre, et cet espoir toujours renouvelé, qui font de cette Maestranza des Pins une arène unique que l'on ne saurait trop conseiller de visiter. Au cartel cette année, les novillos de La Quinta pour Javier Cortes, Igancio Gonzalez et Angelino de Arriaga
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André Viard