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Pour être un peu légers au terme d'une semaine tumultueuse qui se termine par quelques pages de papier bleu, j'ai pris la liberté de flâner dans la campagne des régionales pour y chercher de quoi me rassurer quant aux turbulences que nous traversons.
Et je n'ai pas été déçu : à l'aune des tombereaux d'injures poisseuses que les internautes déversent sur tous les candidats, la pluie de crachats qui tombe sur les terres taurines, a tout d'une rosée que le premier soleil dissipera bientôt.
Avec plus ou moins d'humour les candidats des régionales font donc bonne figure face aux vilenies les plus crasses, et il y en a même eu un pour dire cela :
"Prendre le risque d'être insulté, caillassé, entarté, tomaté, oeuf-é par ceux-mêmes qui ne croient plus aux sornettes : c'est l'enjeu de la nouvelle démocratie participative". Qui a osé ? Azouz Begag, qui face aux grosses machines de partis fait sa campagne debout sur un tabouret acheté 9 euros et baptisé "Agora".
Insulté, sur internet on l'est, mais caillassé beaucoup moins, parce que là il faut avoir le courage de faire face et de se dévoiler. Mais sur le fond, cette démocratie participative à la Azouz qui plonge le citoyen aux origines du débat, vient à point pour rappeler qu'au temps de la Grèce antique la rhétorique était un art que l'on cultivait, et que face aux cris de la plèbe barbare le sage parvenait à se faire entendre en élevant le débat.
Ce qu'il convient de faire aussi en ne s'arrêtant pas à toutes les péripéties qui agitent la toile. Travailler, avancer, ne pas se tromper de sujet ni d'adversaire, telle est la meilleure des solutions. Que l'on puisse se tromper ou ne pas toujours réussir ce que l'on voudrait ? Dame ! Nul n'est parfait. Mais tout le monde peut mieux faire à condition de s'y employer.
C'est en substance ce que répond aussi Cohn Bendit aux critiques qui lui sont faites. En substance, il rappelle qu'il a toujours été taxé d'être un social traître, d'être à la solde de Moscou, puis de l'Allemagne, puis de la CIA et d'autres encore. En quelques sortes, de n'avoir pas cessé de retourner sa veste. Remarquez, quand on la retourne souvent, on a au moins autant de chances de la porter à l'endroit qu'à l'envers, et par les temps qui courent les canons de la mode incitent au changement.
Transposé chez nous le message est d'une clarté limpide : en défendant la tauromachie on est taxé de social traître. Ce qui revient à dire que c'est en ne faisant rien pour elle qu'on la défend évidemment le mieux. Comment faut-il prendre l'affiche hilarante de ce festival organisé à Vila Franca au profit des animaux ? Intox, info, retournement de veste ? Je laisse à chacun le soin de se le demander.
André Viard
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