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Comprendre la Corrida

LE TORO

LA BRAVOURE MODERNE

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Si le goût du combat, la bravoure, existe donc dés l'origine chez le toro, l'éleveur recherche à l'intérieur de l'élevage les sujets chez qui ce goût est le plus développé. Pour cela, il va sélectionner avec soin les parents du futur combattant en espérant que ceux-ci lui transmettront leurs propres qualités. En effet le toro doit arriver dans l’arène vierge de toute expérience de lutte contre l’homme. Dans le cas contraire, son intelligence du combat mise au service de sa puissance rendrait tout affrontement suicidaire pour le torero.
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Si chez les humains, il suffit d'un ancêtre valeureux sur un champ de bataille pour que toute une lignée conserve le titre et les avantages que confèrent la noblesse, il n'en va pas de même pour le toro : à chaque génération, cette bravoure doit être vérifiée afin d'éviter ce travers bien connu inhérent à toute lignée trop pure, la dégénérescence, apauvrissement irréversible qui menace les meilleurs sangs... L’exercice est délicat. Comme on a coutume de le dire, mettre de l’eau dans son vin est chose facile. Mais une fois que c’est fait, comment revient-on en arrière ? Une fois la caste adoucie pour répondre à la demande d’un marché dominé par quelques toreros trop conformistes, comment, dès lors qu’il apparaît que l’on a fait fausse route, revenir en arrière, retrouver ce zeste de piquant intermédiaire entre un toro soumis et un auroch intoréable ? Le plus simple, dira-t-on, serait de ne s’être jamais fourvoyé, de n’avoir jamais coupé son vin, fut-ce pour plaire à quelques estomacs délicats. Et c’est bien là que le bât blesse. Dans la foulée des plus célèbres d’entre eux, la plupart des ganaderos se sont engouffrés dans la brèche, entraînant leurs élevages dans une spirale infernale. L’équilibre génétique est une chose fragile et le bon ganadero est comme un funambule sur son fil, qui irait de l’avant sans jamais tomber ni d’un côté ni de l’autre, soit dans la niaise noblesse, soit dans l’âpre dureté. A trop tirer sur la corde ou a trop jouer du balancier, certains ont plongé dans l’abîme. Les résultats sont là, navrants dans certains cas, avec des toros décastés qui tombent, interdisant aux toreros de créer la moindre émotion. Et les apprentis sorciers de se lamenter, invoquant pour se dédouaner les méfaits d’une conjoncture défavorable dont ils sont les seuls responsables. ... suite...