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Comprendre la Corrida

LE TORO

L'INDUSTRIE DU TORO

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Pour répondre aux nouvelles exigences de la tauromachie qui est en train de naître et dont le succés populaire ne se démentira plus, la sélection du toro se fait plus rigoureuse : dès le XVIIIème siècle, à travers la bravoure qu’affichent leurs toros, c'est leur honneur que défendent les ganaderos, nobles souvent, et qui ont depuis quelques décennies abandonné l’arène aux toreros à pied. C’est désormais par toros interposés qu’ils entendent démontrer leur bravoure. Au confluent d’une multitude de petits ruisseaux aux origines souvent obscures, six fleuves de sang brave vont se former, donnant naissance à six races principales dont l’importance au cours de l’histoire sera très différente, quatre d’entre elles disparaissant totalement en tant que telles tandis que les deux dernières, dans des proportions très différentes toutefois et en tenant compte d’exceptions notables, donneront naissance à la totalité du cheptel actuel.La caste Navarra dont on trouve la trace en Navarre dès 1388 donnera naissance grâce au travail entrepris par le Marquis de Santacara (sainte face !) dès la fin du XVIIème siècle à la ganadería de Lecumberri (1715) de laquelle proviendront les élevages de Zalduendo, Laborda, Lizaso et Carriquiri. Trop vif, trop rusé, le bétail navarrais ne se prête que difficilement au toreo à pied qui est en train de naître. Ce sang persistera pourtant dans quelques ganaderías de la région de Salamanca où l’avait conduit une vente par le Conde de Espoz y Mina, héritier de Carriquiri, à Bernabé Cobaleda qui l’essaimera dans la province où il a aujourd’hui disparu, Atanasio Fernández, gendre génial de Bernabé Cobaleda, ayant compris avant tout le monde que l’avenir de la tauromachie passait par la ganadería du Conde de la Corte. Du fameux “torico rojo”, il ne reste que quelques familles en Navarra et dans la Rioja, seulement utilisées pour les encierros et jeux mineurs. Sujet de contreverse : le sang de la race Navarra persiste-t-il chez Miura ? Oui s’il faut en croire l’apport de Bernaldo de Quiros à la race Gallardo... apport qui aurait été renforcé en 1879 par l’intégration au troupeau du semental “Murcielago”, grâcié par Lagartijo lors d’une corrida lidiée à Cordoue en provenance du ganadero navarrais Joaquín del Val et offert par le matador à son ami Antonio Miura qui lui confia soixante vaches.

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Dans la région de Madrid, dans la Manche et autour de Colmenar Viejo existait depuis toujours des toros roux. José Jijón entreprit de les sélectionner à partir de plusieurs origines. Cette caste unifiée prit le nom de caste Jijona et donna naissance à quelques élevages qui devinrent fameux : Aléas (1780), Vicente Martinez (1800) ou Rafael José Barbero qui mêla ses toros Jijon à d’autres d’origine Cabrera, lesquels, après diverses transactions aboutirent entre les mains de Felipe de Pablo Romero (1885) seul élevage à conserver aujourd’hui, bien que mêlée à d’autres, la trace génétique de la caste Jijona. .. suite ...