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Comprendre
la Corrida
TECHNIQUE DU TOREO
LES PARAMETRES VARIABLES
CROISE OU PAS ?
Par rapport à la rectitude du toro, c’est à dire par rapport à la voie ferrée imaginaire sur laquelle s’inscrit sa trajectoire naturelle, le torero doit-il se placer à l’extérieur comme le faisait Pepe Hillo ou entre les rails à la manière de Paquiro ? En fonction du toreo qu’il souhaite réaliser et des possibilités que lui offre son adversaire, le torero contemporain sait aujourd’hui jouer sur toute une gamme de placements qui lui permettent de graduer son intrusion dans cette distance transversale.

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Croisé
ou pas ? |
Jusqu’où le torero peut-il aller en se croisant vers la corne opposée ? Se situant nettement en deçà de l’axe du toro, fuera de cacho, hors jeu, comme le faisait Pepe Hillo, le torero n’oblige pas le toro à un effort. Mais il peut alors difficilement peser sur son embestida, puisque sa position est celle qui correspond justement à la définition de décharger la suerte. Cela peut toutefois convenir pour faire passer un toro faible ou de peu de race mais devient dangereux dès lors qu’il s’agit d’un toro brave.
Se plaçant au fil de la corne, al hilo del piton, à la lisière même de la trajectoire du toro , le torero lui laisse l’avantage ; il ne l’oblige pas, tout en se préservant la possibilité de peser sur son embestida en chargeant la suerte avec sa muleta. Ce sitio périlleux bien que marginal en apparence est un moyen terme qui requiert une maîtrise absolu du placement et des toques ; il est utilisé par les plus fins techniciens dans certains cas bien précis : Antoñete, Paco Camino ou Manzanares en sont l’illustration parfaite et certaines de leurs faenas données ainsi à des toros de Santa Coloma demeurent dans les mémoires.
Légèrement croisé par rapport à la corne la plus proche de lui , ainsi que le préconisait Paquiro, le torero pèse sur l’embestida, assure sa domination tout en se réservant la possibilité d’incurver la trajectoire vers l’intérieur une fois la tête passée.
Ces trois placements sont fréquemments utilisés dans le toreo classique en fonction des caractéristiques du toro. Le toro lent à démarrer mais qui peut être brave demande un sitio croisé qui stimule sa charge et l’accélère sans pour autant avoir besoin de le provoquer de la voix ou du pied, ce qui est un avantage. Avec un toro de peu de race ou de force, le cite au fil du piton convient mieux, pour que le toro ne se décourage pas ou qu’il ne souffre pas trop. Les muletazos ainsi donnés permettent de masquer le manque de bravoure de certains toros.
Mais avec un toro très alourdi ou trop mou, soso, le torero se croise parfois au delà de la corne la plus éloignée de lui le piton contrario pour accentuer la provocation et provoquer une réaction.
En combinant les notions de distance longitudinale et tranversale, les toreros modernes ont découvert à partir des apports de Manolete et du Cordobes une position extrême : se situant à la fois très croisé et trés prés le torero peut trouver de nouvelles solutions soit en pivotant sur place, soit en faisant effectuer à sa muleta un mouvement de balancier dans son dos et en présentant dans les deux cas son leurre sur la corne d’entrée, qui de par sa position très croisée est devenue la corne contraire. Il alors peut resolliciter le toro qui n’est pas parti en lui proposant de charger en ligne droite, sans effort.
Parce que le public souhaite voir des faenas de plus en plus longues, cette tauromachie de proximité, encimista, qui permet de donner des passes à des toros sans grande mobilité s’est généralisée pour devenir l’une des composantes essentielles du toreo moderne. Le toro ayant perdu en mobilité et en race ce qu’il a gagné en volume, d’autres concepts sont apparus : alors qu’il s’agissait essentiellement autrefois pour le torero de pouvoir avec le toro et de commander sa charge, il doit s’appliquer aujourd’hui à l’aider à s’exprimer et à ne pas l’obliger... pour essayer de prolonger la faena à tout prix. Impératifs que ne partagent pas nécessairement les toreros qui ont choisi la voie classique. Cela permet au public de comparer, d’avoir ses préférences. Et cela permet aussi à de nombreux toreros de trouver leur voie. L’important est que chacun puisse s’exprimer comme il l’entend. C’est pour cela que les aficionados doivent bien comprendre que si les règles sont les mêmes pour tous, libre à chacun de les adapter au gré des circonstances. ...suite ...
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