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Comprendre la Corrida

TECHNIQUE DU TOREO

LES PARAMETRES VARIABLES



À QUELLE HAUTEUR PRESENTER LE LEURRE ?

A quelle hauteur présenter la muleta par rapport au toro ? Celle qui lui permettra d’être idéalement placée pour que le toro fixe obligatoirement son attention sur elle, préalable indispensable pour que le torero domine le toro. Lors de la première passe d’une série, la muleta doit être présentée à la hauteur du regard du toro pour capter son attention, puis, afin que le torero domine le toro, s’abaisser progressivement sans rupture de rythme et terminer son parcours en glissant par le côté sous la corne, por debajo de la pala del pitón. Pourquoi ? Parce qu’en terminant sa passe par le bas, le torero conserve son emprise sur la charge du toro et lui donne la trajectoire ronde incurvée vers l’intérieur qui permet la continuité du toreo, ce qu’il ne fait plus si, laissant sortir le toro vers le haut et donc relever la tête, il lui permet de récupérer une vue d’ensemble de la situation, ce qui peut l’inciter à sortir de la passe en ligne droite ou à s’arrêter ; ce qui obligera le torero à se replacer pour engancher à nouveau ce toro qu’il a laissé sortir du champs d’attraction de sa muleta. Rematée par le haut, la passe produira une rupture de rythme dans la série et obligera le torero à des déplacements incompatibles avec la conception la plus pure du toreo. Le toreo classique se fait donc de haut en bas ou du bas vers le bas... toujours vers le bas. Mais il faut savoir que parfois certains toros ne peuvent humiller. Le leurre doit alors chercher la hauteur idéale pour les toréer quand même.

Si dans l’absolu il est fondamental pour mesurer la bravoure du toro et la dominer que celui-ci soit toréé par le bas, dans la pratique tout est affaire de mesure : certains toros, parce qu’ils sont faibles ou peu encastés, rechignent à baisser la tête, humillar, mais n’en sont pas moins toréables à mi-hauteur. Et si les plus braves, ne tolèrent pas, faute de déborder le torero, que celui-ci lève la muleta devant leurs yeux - al hombre y al toro, nunca les levantes la mano... Il ne faut jamais lever la main sur l’homme ni sur le toro, dit le proverbe - l’affaire se complique lorsque le toro s’avère tout à la fois très brave et faible : l’exercice devient alors périlleux puisqu’il s’agit pour le torero de contrôler en permanence la race du toro en le toréant par le bas pour ne pas qu’elle le déborde, tout en tenant compte de sa faiblesse afin qu’il ne tombe pas. ...suite ...