editoactuarchivageagendacartelsencyclopedieliensabonnes

 

Comprendre la Corrida

LA LIDIA

STRATEGIE DU COMBAT
DANS LA CORRIDA MODERNE

PREMIER TERCIO

LES QUITES

q1

Chicuelina

A l’origine lorsqu’un toro s’acharnait sur le picador démonté ou sur le cheval au sol, il s’agissait pour le torero à pied de distraire son attention et de l’enlever, quitar, de sa proie sans défense. Ce que les plus habiles faisaient en donnant au toro quelques passes fleuries plus ou moins esthétiques en profitant de son élan souvent désordonné à la sortie du cheval. Le quite était né. Parmi les passes le plus communément employées, la passe de base du toreo de cape, le lance naturel par excellence qui mieux que tous les autres permet de toréer le toro en dominant sa charge : la verónica qui se transforme en media verónica lorsqu’elle sert à remater une série ou en navarra lorsque le torero accompagne la charge du toro en donnant un tour complet sur lui même au rythme de celle-ci. A deux mains également, citons la larga, toujours donnée à une main et qui selon la trajectoire imprimée à la cape sera cordobesa, cambiada ou afarolada, pouvant se transformer en revolera ou serpentina. Cousin proche de la larga afarolada, le farol donné, lui à deux mains. La chicuelina, au cours de laquelle le torero, pivotant en sens inverse de la charge du toro s’enroule dans sa cape. La gaonera, ou quite de frente por detrás, semblable à la véronique mais au cours de laquelle le torero tient la cape dans son dos, le delantal littéralement tablier, véronique donnée en pivotant seulement le buste, sans s’aider de l’amplitude que peuvent donner au mouvement les bras. Sur la base de ces mouvements simples, existent une infinité de variation, certains toreros désirant passer à l’histoire en inventant de nouvelles figures parfois très compliquées. C’est le cas du Juli, qui se targue de pouvoir réaliser une cinquantaine de quites différents dont peu de professionnels et encore moins de critiques pourraient dresser la liste.

Aujourd’hui, sauf exception, il n’y a plus urgence. Bien protégé, le cheval se défend bien, trop bien estiment certains, et le torero peut prendre son temps. En outre, comme le toro pousse plus longtemps qu’autrefois contre le cheval, il a besoin, pour retrouver sa lucidité lorsqu’on l’éloigne de celui-ci, de quelques secondes de répit. Dans la pratique, le quite a donc perdu sa fonction d’action de sauvetage pour se transformer en une série de passes que le matador, après avoir éloigné le toro du cheval, donne généralement au centre de la piste et qui lui permet, tout en faisant admirer sa dextérité, de vérifier l’état de fraîcheur et de bravoure de son adversaire. Car il ne faut pas perdre de vue que s’il est souvent composé de passes brillantes et variées, le but du quite est surtout de permettre au matador de calibrer la charge du toro et d’habituer celui-ci à suivre le leurre. Les passes longues, celles qui prennent la tête du toro loin devant pour le conduire loin derrière sollicitent de sa part un effort soutenu d’attention et sont donc plus utiles à la lidia que celles, plus spectaculaires cependant, au cours desquelles le matador se borne à indiquer la sortie au toro, sans conduire sa charge. Ce qui n’est pas un problème de répertoire : toute passe peut être donnée en toréant réellement le toro. Pour l’aficionado soucieux de vérifier la qualité du toreo de cape d’un matador, il s’agira donc d’observer, plus que le nombre et la variété des passes données, la façon dont celles-ci agiront sur la charge du toro. Précisons-le une nouvelle fois : pour qui veut comprendre la corrida, un seul repère : observez l’oeil du toro fixé sur le leurre et le rythme qui unit l’un à l’autre.

q2

passe en tablier

Lors du tercio de varas, les trois matadors alternent au moment des quites. Après la première pique, il appartient au matador qui va tuer le toro d’éxécuter le sien. Après la deuxième pique ce sera le tour du matador qui toréera le toro suivant. Et après la troisième, cas de plus en plus rare, celui du matador restant. Dès lors que le tercio de pique s’arrête, le matador dont le toro est en piste peut à tout moment effectuer un quite supplémentaire, ce qui est souvent le cas lorsque celui veut donner la réplique à un compañero qui vient de briller. En règle générale, les toreros prennent tout de même soin d’économiser leur toro : celui-ci entre en piste avec un nombre déterminé de passes, variable en fonction de chaque toro et des conditions de sa lidia. Le but, bien sûr, est de préserver ce “capital passes” pour la faena de muleta. ...suite ...